Voilà, j'ai décidé d'ouvrir une nouvelle section dans ce blog. C'est le mot du jour. Il y a des tas de mots de la langue française qui me font rire, que j'aime bien, dont la prononciation m'agace ou me ravit, parfois indépendemment de leur signification propre. J'ai alors décidé de vous les livrer, de les partager avec vous.
Le mot d'aujourd'hui est donc... Dinde
Allez-y, prononcez-le et vous
verrez comme il remonte dans le nez comme une bulle de Champagne vous
chatouillant délicieusement ! Un mot très agréable en fait… Enfin, moins quand
on l’utilise pour traiter quelqu’un qui vous déplaît.
Mais au fait… C’est quoi une
dinde ? Il s’agit d’un oiseau de basse cour, élevé pour sa chair. Elle fut
importée en Europe au XVIIe siècle. Son cri est également un mot qui me ravit :
En effet, la dinde glougloute. A voir également, le mari de la dinde, qui est
le dindon, ainsi que leur petit, le dindonneau.
Enfin, une petite phrase à
prononcer très rapidement : La reine Didon dîna, dit-on, du dos dodu d’un
dodu dindon
Baguenauder : Passer son temps à faire des choses frivoles et sans importance… Oui, certes, sans importance… Mais quel joli mot, vous ne trouvez pas ? Et lorsque Richard Gotainer le met en musique pour vanter les mérites du fromage Belle des champs, tout à coup, ce mot prend encore une autre dimension^^
Eh bien oui, j’en suis sûr, vous vous êtes plus ou moins
demandé ce que j’étais devenu durant toutes ces semaines ! Je crois que
nous nous en étions arrêtés au rendu de mon mémoire de fin d’études… qui a eu
lieu vers la fin décembre… ainsi qu’à la rencontre avec mon cher et tendre.
Alors essayons de profiter de ce moment d’insomnie pas
possible pour résumer à peu près la situation.
Fin décembre
Stage de 15 jours en hôpital de jour adolescent (ado
psychotiques) génial, incroyable, formidable^^
Janvier
Réveillon passé avec mon homme, et avec la clique, chez
Lili. Super moment, vraiment beaucoup d’amusement !
Départ de mon homme aux sports d’hiver avec ses amis Valérie
et Greg, et leur petit Bastien, puis quelques jours plus tard, je les rejoins
aux Gets. Mon homme m’offre le séjour, et je remonte sur des skis au bout de 10
ans ! Je sais toujours en faire, je suis heureux, je suis avec mon homme
et des amis, je l’aime.
Puis, début de mon stage prépro. D’une durée de 8 semaines,
il est censé préparer à la vie professionnelle. Coup de bol, je suis intégré au
service dans lequel je travaillerai une fois diplômé, déjà dans une équipe
fixe, avec un planning fixe. Le stage se passe extrêmement bien, et se termine
le 9 Mars.
Mars
Le 10 mars, entrée en stage DE, là où je vais donc passer
mon DE^^ C’est le pavillon d’en face, les patients sont assez stabilisés, assez
pratique pour éviter d’avoir à prévoir l’imprévisible au moment de passer le
diplôme^^ Je monte un atelier de musicothérapie, assez remarqué au sein de l’hôpital,
puisque je suis sollicité en Mai pour renouveler l’opération dans d’autres
pavillons. Je passe l’épreuve pratique de mon DE le 26 mars, termine ce stage
avec 19/20 et retourne dans le pavillon de mon prépro, le 7 ouvert, le temps
d’attendre mes résultats. Je suis donc aide soignant.
Avril
La décision ayant été prise quelque temps plus tôt, mon
homme et moi emménageons ensemble à Brunoy dans un charmant appartement du
centre ville. Même pas encore vidée, la chambre de la maison de retraite que j’ai
occupée pendant presque 4 ans me semble déjà bien loin au vu du confort
incroyable que je trouve dans cet appartement. Il faudra attendre début Mai
pour que la chambre soit enfin vidée…
Ma prise de poste au 7 se passe extrêmement bien, même si en
tant qu’aide soignant je n’ai pas le droit d’effectuer certaines tâches, et que
je les effectue quand même … C’est la position un peu bâtarde de l’attente de
résultats.
Mai
Le 5 Mai sonne enfin les résultats du DE, et je l’ai !!!
un résultats final de 87/120, ce qui est bien, mais pas top^^ mais qui me
suffit amplement à avoir mon diplôme. Je suis donc à partir de maintenant
Infirmier Diplômé d’Etat, et si d’une part j’emmerde bien profond tous ceux qui
ne m’ont pas aidé à l’avoir en étant certain que je me planterai comme une
grosse merdasse, je suis d’autre absolument ravi et fier d’avoir réussi mon
objectif et d’avoir satisfait celles et ceux qui ont cru en moi.
Ma prise de poste après l’obtention du diplôme fut une
simple continuité, mais avec une petite différence. Deux élèves début de 3e
année en charge. Et je peux vous dire qu’une fois diplômé, ben on fait hyper
attention à ce qu’ils font du coup… Mais franchement, élèves super
consciencieux et sympa, donc je suis hyper content^^
Peut être que le sommeil va venir, alors je vais tenter de
prendre le train… Je viendrai plus régulièrement, du moins j’essaierai !!!
Voilà, je suis rentré.
J’ai fini à 20h aujourd’hui, et JL n’est pas là. Il a été « faire des
courses ». Quand c’est entre guillemets, ça veut dire qu’il a été acheter
du fioufiou. Ca me laisse donc environ une heure un peu tranquille à la maison,
sans aucune sollicitation externe, chose qui me manque énormément dans la
journée, puisqu’elle n’est quasiment composée que de sollicitations, pas
toujours bien formulées ou carrément incompréhensibles.
Le fioufiou… Quelle
histoire… Comment aurais-je pu deviner que nous allions faire couple à trois.
Le fioufiou, JL et moi, nous coupant du coup de (presque) tous les liens que
nous avions avec le monde extérieur. Le monde des gens, quoi. Et en l’occurrence,
le monde de nos amis, de notre famille. Car mis à part ses parents qui
appellent de toute façon 800 fois par jour, ou bien dès qu’ils ont le
pressentiment que ça ne va pas trop bien, c'est-à-dire tout le temps, nous ne
voyons pas grand monde et n’avons de lien pratiquement avec personne. Mes
parents, ça fait plus d’un mois que je ne les ai pas vus, mes amis, ça fait
depuis le jour de l’an, et s’il n’y avait pas la partie de LG que je mène en ce
moment, je n’aurais même pas de nouvelle. Non pas parce qu’ils n’en prennent
pas, mais parce que je n’en donne pas. Voilà ce que ça fait le fioufiou.
On continue ? Au
boulot, je ne sais pas, tout m’énerve, tout me fatigue, il y a plein de trucs
que je sais faire ou résoudre, mais j’ai tout simplement la flemme de le faire,
ou de le faire correctement. A savoir essayer d’arriver à l’heure, pour
commencer. En ce moment, j’ai minimum un bon quart d’heure de retard chaque
jour. Demain, je suis du matin, je commence à 7h30 et je n’ai aucune idée de
comment je vais faire. De toute façon, je n’ai pas grande idée de comment je vais
faire pour garder mon boulot, car ça va bien finir par se voir, et on va bien
finir par me faire remarquer que mes retards sont très importants et
quotidiens. Mais le matin, quand je me lève, je suis tellement dans le gaz que
rien ne peut me faire avancer à vitesse normale. Déjà, pour me lever à
simplement 10h du matin, c’est un enfer, alors demain, 5h30, je pense que ça
risque d’être relativement compliqué.
On continue ? En
couple, ben un peu idem, tout m’énerve. Par exemple, aujourd’hui, j’avais
demandé à JL s’il était possible qu’il passe la serpillère dans la cuisine,
sous le plan de travail où les chiens avaient pissé, là où JL travaille
(debout) sur son ordinateur (au lieu d’aller à son bureau), histoire qu’il
évite de patauger dans l’urine toute la journée et qu’il évite d’en traîner
partout où il marcherait, mais il a préféré visiblement faire un peu de
repassage, ce qui est fort sympathique, puisque le linge est en attente d’être
emmené à la dame qui nous fait le repassage…Il aurait pu aussi s’occuper de ses factures, de ses papiers bancaires,
de faire une table un peu propre en en retirant la vaisselle sale, les papiers
gras, la salade des nems d’hier, ou encore passer l’aspirateur pour retirer les
20kg de poussière qui recouvrent le sol de l’appartement, ou bien ranger le
linge fraîchement sorti du sèche linge. Mais non. Il a fumé un gros morceau de
fioufiou et a été en racheter d’autre. Et quand il va rentrer, encore sous l’action de cette merde (oui, je trouve ça
fabuleux qu’il prenne le volant alors qu’il est défoncé mais plus je lui dis
que ça m’inquiète, plus il fume avant de conduire…), il va se dépêcher d’en
rouler un, nous allons fumer tous les deux, et ça sera reparti pour une soirée
comme toutes celles d’avant, et comme toutes celles qui suivront à de très rares
exceptions près. Et encore, lorsqu’il y a exception, c’est parce que nous
sortons (la plupart du temps avec ses parents car ils sont dépressifs / tristes
/ seuls / malheureux / inquiets, bref, pas bien), et donc lorsque nous rentrons
(même à 3h du matin), nous fumons encore et encore…
J’en étais donc au
fait que tout m’énervait quand j’avais fumé, et, autre effet merveilleux, je
suis touché par un émoussement affectif de plus en plus total et de plus en
plus irréversible au fil des mois où je m’imprègne de cette substance. Une
totale indifférence. JL me touche, je ne ressens rien. Il me dit qu’il m’aime,
je m’en veux à fond, mais je ne ressens rien. Il a envie de moi, et fait des
trucs pour que j’aie envie de lui, je ne ressens rien. Plus rien.
Est-ce que c’est
vraiment la consommation de toxiques qui me fait sentir comme ça ? Ou bien
est-ce le ras-le-bol d’une vie où je ne contrôle plus rien, où je me laisse
porter par mon planning au boulot et où je sais que chaque soir passé à la
maison sera le même que tous les autres, à savoir fumer de l’heure à laquelle
je rentre (ou quasiment) jusqu’à 3 ou 4h du matin, ingérer environ 2 kg de
matières alimentaires pour sustenter la fringale terrible qui apparaît suite à
la consommation de drogue, me coucher en essayant de retrouver mon lit, être
réveillé par JL avec une tasse de café (un des seuls moments qui pourrait
présenter un caractère agréable, s’il n’y avait pas le réveil abominable),
comater pendant une heure devant le pc à faire pas grand-chose, me traîner dans
la douche alors que j’ai déjà plusieurs dizaines de minutes de retard, aller
bosser pendant 9h avec des psychotiques, rentrer, faire le ménage indispensable
(ramasser les trucs tombés par terre, passer la serpillère lorsqu’il y a trop d’urine
par terre, s’occuper du linge, de la vaisselle (je suis mauvaise langue car il
le fait des fois, mais je suis énervé, alors, je peux)…) et puis s’asseoir et
fumer. Voilà l’ensemble de ma vie. Pour l’instant, je ne fais rien d’autre.
Bien sûr, nous avons
des tas de projets avec JL, mais personnellement, j’ai de moins en moins envie
de les réaliser, vu que je n’ai plus envie de rien. Il y a cette formation d’aroma-phytothérapeute
qui me tient très à cœur, qui se fait sur internet, donc sur un mode hyper
pratique pour moi. Mais tant que je passerai mes soirées et mes nuits à fumer,
je ne vois pas trop dans quelle mesure je vais être capable de faire rentrer
toute cette somme de connaissances dans ma tête. J’ai déjà beaucoup de mal à me
rappeler le jour que l’on est, ou s’il fallait que je passe un coup de fil à
quelqu’un. Il y a aussi ma formation interne au diplôme universitaire de santé
mentale, qui me plaît beaucoup et à laquelle je suis inscrit. J’ai du boulot à
rédiger et à rendre pour bientôt et je n’ai encore rien fait. J’ai un bouquin
de Michel Foucault à lire, mais sur 600 pages, j’en suis à la page 29.
Tiens, l’énorme paquet
de friandises des chiens est là, je vais leur en donner une. Ah ben non, il est
vide. Il est vrai que c’était plus pratique de le laisser sur le meuble du
bureau (oui, oui, c’est la place que doit occuper une boîte de friandises pour
chiens) que de le mettre dans la poubelle… Désolé du sarcasme, mais je ne peux
en parler à personne à chaud. Et surtout pas à lui. Ca risquerait de provoquer
une crise terrible dont je suis épargné depuis un mois maintenant ! Donc
effectivement, de ce point de vue-là, on progresse. Mais sachant qu’on fume
toujours autant, vu comme ça rend paranoïaque, et même carrément schizo, j’ai
bien peur que ça ne se re-pète la gueule prochainement. Pas forcément à cause
de lui, mais aussi à cause de moi, car je me sens à bout de nerfs.
Alors bien sûr, pour
lui, ça va vraiment de mieux en mieux, et même s’il n’a pas tout à fait
toujours tort sur ce point, je trouve qu’il faut sacrément le chercher, le
mieux, pour le trouver. En fait, je sens que je sombre carrément dans la
psychose. Tout doucement, certes, mais je crois bien que j’y file direct. Je
vais dans quelques temps passer de l’état de soignant à celui de patient, et ce
qui m’ennuie vraiment, c’est que le passage dans l’autre sens ne se fera pas
facilement du tout. Déjà, l’autre soir, j’ai entendu des voix. C’était vraiment
étrange. Mais bon, ça n’est pas non plus la première fois.
Il est 21h40, il n’est
toujours pas rentré, il passe au KFC, ce qui est vraiment adorable car il sait
que j’adore ça. Mais bon, il a fallu qu’il aille chercher le fioufiou ce soir,
alors que je terminais le boulot un peu plus tôt que d’habitude, et que demain
je me suis mis du matin pour essayer de passer une St Valentin sympa, donc que
ce soir, les heures de « soirée » sont carrément limitées. Il n’a pas
réfléchi. Ou alors il s’en fout. Ou bien encore, il est trop défoncé pour se
rendre compte. Ou certainement un peu des trois.
Je vais fumer, m’en rouler
un, histoire d’abraser un peu mes sentiments, de redevenir pour un soir de
plus, totalement indifférent à ce qui se passe en moi ou autour de moi. Sinon,
je vais péter un plomb.