Aujourd'hui, sacrée journée à l'unité clinique! Eh oui, un patient, arrivé hier, par les urgences psy, directement placé en chambre d'isolement. Ce monsieur de trente ans, ambulancier, ayant déjà des antécédents psy, mais on ne sait pas de quelle nature, s'est altercationnifié avec son patron, puis l'a frappé. Celui-ci a alors appelé la police, et le monsieur a tapé les policiers. Donc hospitalisation sous contrainte, ordonnée par le prefet: HO ou hospitalisation d'office. Le plus grave et contraignant des modes d'hospi. Bien entendu, lorsque je suis arrivé, j'ai d'abord demandé s'il y avait des travaux avec des pelleteuses ou des trucs comme ça dans le service, mais non, c'était Mr A qui tapait gentiment sur sa porte blindée 7 points de fermeture. Intéressant, non? Malheureusement, après une bonne partie de l'après midi passé ainsi à taper dans tous les sens, il a fallu prendre des mesures. Injection de neuroleptiques sédatifs d'urgence. Paf, je prépare l'injection en deux temps trois mouvements, à peine l'info reçue, j'arrive avec mon joli plateau, deux hommes de la sécurité étaient là, je me saisis de la seringue que je décapuchonne après avoir ganté mes mains de latex, j'attrape une compresse alcoolisée, et pas de pansement, car tant pis si ca fait un peu de sang^^ Ouverture de la chambre, sommation de s'asseoir, explication que là c'est pu possible, que monsieur, vous êtes trop mal pour vous rendre compte de ce que vous faites et qu'il faut que nous vous donnions un traitement injectable, désolé, mais c'est comme ça, on n'est pas là pour négocier du tout. Monsieur A n'est pas du tout d'accord avec le concept car ça fait mal au cul et ça le shoote complètement, et il en vient à lever la main sur mon collègue qui donc l'attrape et avec l'aide de la sécu, le plaque sur le lit, puis tout le monde est recouvert par mes deux collègues féminines, sauf la fesse gauche du monsieur. Ma copine IDE baisse le froc un peu, je recouvre l'ensemble du tas de gens de corps fébrile, ma seringue toujours ancrée à la main, je frotte alcooliquement le fessard du patient afin de le désinfecter, puis je plante avec délectation mon aiguille dans la chair ferme, mais tendre, mais revendicatrice de mon intrusion (oups, un ptit orgasme^^), puis j'injecte le plus vite possible le produit salvateur d'esprit disloqué. Je déplante en signalant la présence d'aiguille souillée toujours au bout de mon bras, et saute hors du lit. Le monsieur est alors libéré, et il faut faire fissa pour sortir de la chambre, d'où déjà, le monsieur tente de s'échapper. A cinq de tout notre poids sur la porte blindée, nous réinjectons le monsieur dans sa pièce, nous verrouillons la serrure 3 points, puis les quatre verrous, puis nous respirons un coup en nous souriant: Une bonne chose de faite...
Ca fait du bien de faire de la vraie psychiatrie, non?
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